Lancement du projet Swedd : 50 milliards pour autonomiser femmes, adolescentes et jeunes filles

Le projet Autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel (Swedd) de 50 milliards de FCfa négocié par le président Patrice Talon pour améliorer le niveau d’autonomisation des femmes, des adolescentes et des jeunes filles sera opérationnel dans peu de temps. Le lancement officiel a été effectué hier jeudi 27 juin 2019 à Cotonou par le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané.

Le niveau d’autonomisation des femmes, jeunes filles et adolescentes sera amélioré au Bénin. Dans son souci de construire une croissance durable et de renverser la tendance négative de la pauvreté au Bénin, le président Patrice Talon a fait adhérer son pays au projet Sahel women’s empowerment and demographic dividend (Swedd). Ce projet qui cible principalement les jeunes filles, les adolescentes et les femmes de toutes les 77 Communes se trouvant au cœur de la transition démographique vise plusieurs objectifs. Il permettra entre autres, à 30 000 adolescentes scolarisées de bénéficier de fonds pour la prise en charge des élèves filles de milieux déshérités en vue de se maintenir à l’école et à 120 meilleures adolescentes et filles qui seront inscrites dans les filières Sti et Sta de l’enseignement technique et les séries C et D de l’enseignement secondaire général de bénéficier des bourses d’accompagnement. Pour les adolescentes et filles non scolarisées, 30 000 parmi elles recevront une formation dans les filières porteuses en activités génératrices de revenus puis des fonds d’achat d’équipements et de matériels pour le démarrage de leurs activités. Par ailleurs, 1540 jeunes leaders membres de 154 associations seront renforcés et 3850 maris et futurs maris bénéficieront de séances d’instruction afin qu’ils contribuent à l’autonomisation. In fine, 50% de la population béninoise des villes et des campagnes sera impactée par le projet à travers les plaidoyers, les séances d’Iec/Icc sur la santé sexuelle et reproductive et les campagnes de dépistages du Vih/Sida et du cancer des seins. Au lancement du projet, le Directeur général des politiques de développement, Magloire Augustin Aguessy, a rappelé les objectifs de la cérémonie. Il s’agit d’une part, d’informer et de sensibiliser tous les acteurs sur le contenu et l’importance du projet et d’autre part, de les mobiliser dans la perspective d’une exécution efficace. A sa suite, la représentante résidente de la Banque mondiale, bras financier du Swedd, s’est réjouie de l’intérêt porté par le Bénin au Swedd qui, a-t-elle reconnu, est très important pour la Banque mondiale dans sa stratégie de réduction de l’extrême pauvreté en Afrique. « Si nous voulons une Afrique sans pauvreté, nous devons agir en urgence », a déclaré Katrina Sharkey pour qui, améliorer la vie d’une femme, c’est toucher toute une famille et toute une nation.

Le ministre d’Etat, chargé du Plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané, qui a officiellement lancé le projet au nom du chef de l’Etat, a rappelé la dynamique dans laquelle le projet Swedd a vu le jour en 2015 et les raisons pour lesquelles le Bénin y a fait son adhésion. « Le projet Swedd est une réponse conjointe des Nations Unies et du groupe de la Banque mondiale, à la suite d’une requête formulée par les présidents de 6 pays du Sahel », a-t-il fait savoir. S’agissant de l’adhésion du Bénin, elle résulte de l’engagement et de la détermination du gouvernement doublée de la parfaite collaboration de la Banque mondiale. En effet, au Bénin, a-t-il rappelé, une adolescente sur cinq commence déjà sa vie reproductive, 15% ont déjà eu une naissance vivante et 5% sont enceintes d’un premier enfant et une fille sur 10 est mariée avant 15 ans et 3 filles sur 10 sont mariées avant l’âge de 18 ans ; « C’est donc pour améliorer le niveau d’autonomisation des femmes, des adolescentes et des jeunes filles et accélérer la marche vers l’atteinte des 49 cibles prioritaires des Objectifs du développement durable (Odd), que le Bénin a exprimé son intérêt à adhérer au projet régional Swedd », a précisé Abdoulaye Bio Tchané. D’un coût global de 50 milliards de FCfa financé sous forme de don par la Banque mondiale, le Swedd a pour finalité d’accroître l’accès des bénéficiaires aux produits et aux services de santé sexuelle et reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle de qualité.

Attaquer de front le renforcement du capital humain

L’adhésion du Bénin au projet Swedd n’est pas un fait du hasard selon le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané. Elle traduit l’engagement du président Patrice Talon à attaquer de front la question du renforcement du capital humain. Elle explique aussi la confiance des partenaires en la capacité du gouvernement à relever le défi. Les cibles principales du projet Swedd au Bénin sont les filles de 10 à 14 ans, les adolescentes de 15 à 24 ans et les femmes. Sa mise en œuvre permettra d’accélérer la réalisation des droits et du plein potentiel de près de 3 500 000 jeunes des deux sexes pour enclencher les bénéfices du dividende démographique. Le projet vient aussi en soutien à l’objectif de croissance économique inclusive du Programme d’actions du gouvernement 2016-2021. Sa coordination est placée sous la tutelle du Ministère du plan et du développement. Il implique techniquement les Ministères de la santé et des affaires sociales, toutes les parties prenantes, tant aux niveaux stratégique, technique qu’opérationnel. Le Comité national de pilotage et l’Unité de gestion constituent ses organes de gouvernance. Au regard de son importance, les différents acteurs ont été invités à faire de sa mise en œuvre, une priorité personnelle.

 

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